Commencer à coder en PHP, épisode 1 : les outils

Faites connaître ce billet :

Coder est une activité essentiellement de loisir pour moi, même si elle a été l’occasion à plusieurs reprises de concevoir des petits outils bien pratiques dans le cadre professionnel. Après plusieurs échanges avec des personnes intéressées par cette possibilité, je pensais qu’un petit billet expliquant les « ingrédients de base » pour coder pouvait être utile. C’est donc ce que je vous propose ici.

Je ne m’adresse pas aux personnes qui veulent juste « essayer » mais à celles qui ont réellement envie d’aller un peu plus loin, même si elles débutent avec de très faibles connaissances… Certains éléments que je donne représentent en effet un petit investissement (72 euros par an pour l’hébergement) mais vous allez voir que celui-ci est vite rentabilisé au regard des services qu’il peut vous rendre.

Dans ce billet, vous saurez comment ouvrir un compte chez un hébergeur professionnel, vous découvrirez les principaux outils auxquels cela vous donne accès, vous ferez connaissance avec un éditeur de code en ligne et vous saurez ainsi comment vous lancer dans un nouveau projet.

Le billet suivant (épisode 2) parlera des bases du langage PHP.

Quelques principes de base

Écrire du code en PHP, c’est se donner la possibilité de savoir dialoguer avec un serveur, afin de lui demander de réaliser certaines opérations, qui peuvent être très simples (retenir une information, la transformer, l’afficher…) ou beaucoup plus complexes (prendre des décisions en fonction de nombreux éléments de contexte).

Cette première partie vise donc à donner à ceux qui ne savent pas comment ça fonctionne un aperçu de la logique d’ensemble d’une application web.

Une application web, c’est avant tout une histoire de communication. En effet, comme lorsque vous passez un coup de téléphone à quelqu’un, il vous faut chacun un appareil, ainsi qu’un réseau pour transporter votre discussion. En matière d’application web c’est la même chose : tout est histoire de dialogue entre un serveur (un ordinateur allumé en permanence et toujours prêt à recevoir des instructions), un client (votre propre ordinateur et plus spécifiquement un « navigateur » internet qui sait contacter n’importe quel serveur grâce à son adresse), à travers un réseau (dans notre cas de figure, internet). Nous sommes ici dans le cadre de l’utilisation d’une application.

En matière de conception, il va être nécessaire de mettre en œuvre un certain nombre d’outils et de méthodes spécifiques de communication afin notamment d’indiquer au serveur ce qu’il doit faire, à quel moment, et de quelle manière. Ces outils, vous en avez sans doute déjà entendu parler pour la plupart, même si vous ne savez pas forcément bien à quoi ils peuvent bien servir.

Quatre outils « basiques » sont indispensables pour commencer à pouvoir faire quelque chose :

  • 1ere étape – L’accès à un serveur à notre disposition, grâce aux services d’un « hébergeur » qui, moyennant un abonnement, met à disposition du matériel et un ensemble de services associés à ce matériel ;
  • 2eme étape – Des canaux de communication spécifiques en direction du serveur afin de lui déposer les listes d’instructions qui seront à suivre quand un client le contactera, le plus courant étant le FTP (File Transfer Protocol) qui permet facilement d’envoyer des fichiers sur le serveur, et de récupérer ceux qui s’y trouvent déjà ;
  • 3eme étape – Un éditeur qui va nous permettre de créer les fichiers d’instructions, de les modifier, de vérifier que l’on ne fait pas d’erreur dans la manière d’écrire les commandes, etc. Il peut s’agir d’un simple « bloc-note » mais je vais vous montrer qu’il existe des outils bien plus pratiques ;
  • 4eme étape – L’activation de services spécifiques auprès de l’hébergeur, comme par exemple la création d’une base de données SQL que l’on va pouvoir interroger et enrichir avec des commandes spécifiques et qui pourra servir de bibliothèque d’informations à notre disposition.

Il est possible que l’ensemble de ces outils soient réunis sur votre seul ordinateur lorsque vous débutez, c’est alors sur votre ordinateur que tout se passe grâce à des petits logiciels spécifiques qui le transforment en serveur prêt à être utilisé (le plus connu étant sans doute WAMP).

Toutefois, ce n’est pas ce que je choisis de vous présenter ici car ce n’est pas une possibilité qui vous permet d’interagir avec les autres en partageant les résultats de vos applications, et qui ne vous permet pas de poursuivre votre travail quel que soit l’ordinateur sur lequel vous vous trouvez. En outre cela ne vous permet pas de bénéficier des nombreux outils mis à votre disposition par un hébergeur professionnel et dont vous auriez tort de vous priver… Mais je vais revenir sur ce point.

1ere étape : ouvrir un hébergement

Mais quels sont les fameux outils dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises ? Il y en a plusieurs qui sont de nature différente mais qui sont tous rattachés à un élément initial indispensable : un nom de domaine.

Source : ma-vie-connectee.fr (un datacenter Facebook en Suède)

Le choix d’un nom de domaine

Le premier et principal intérêt d’ouvrir un hébergement est de pouvoir choisir un nom de domaine (une adresse publique) qui va vous permettre (ainsi qu’aux autres) de savoir où vos applications habitent et donc de les utiliser depuis un navigateur internet. Vous allez le voir, le nom de domaine est la base de beaucoup de choses. Qu’il s’agisse de Google.com, Facebook.com, Twitter.com… le nom de domaine est la base, la fondation, le pilier fondamental de toute chose. Qu’il s’agisse du nom que vous choisissez ou même de « l’extension » qui l’accompagne, le nom de domaine est le premier message que vous adressez à vos utilisateurs.

Au niveau du nom : totale liberté. Évidemment, pour des raisons pratiques je vous déconseillerais les noms trop longs, trop compliqués, qui pourraient être source d’erreurs, qu’on a du mal à retenir, qui ne se prononcent pas comme ils s’écrivent, etc. Les deux règles absolues à respecter sont d’une part le fait que le nom choisi n’existe pas encore, et d’autre part que vous vous engagez à respecter les règles spécifiques à l’extension qui l’accompagne. L’AFNIC (le bureau de gestion des noms de domaine en .fr notamment) donne dans un billet d’intéressants conseils pour vous orienter dans votre choix de nom.

Pour savoir si un nom existe déjà, on utilise un WHOIS (Who Is, soit « Qui c’est » ?). Il en existe des centaines sur internet, il s’agit tout simplement de l’annuaire inversé du web, qui à partir d’un nom de domaine vous indique quel hébergeur en est le dépositaire, et qui en est le propriétaire. Je vous propose un WHOIS en langue française, mais il en existe beaucoup d’autres. C’est à cet endroit que votre propriété sera indiquée, tant pour indiquer aux autres que votre domaine est « pris » que pour leur dire « par qui », même si un dépôt anonyme est bien sûr possible, j’en reparle un peu plus loin.

Évidemment, il est interdit de choisir un nom de domaine qui prêterait volontairement à confusion, ce qui pourrait vous valoir rapidement des ennuis, surtout si vous proposez des contenus ou des services qui sont dans un domaine proche de celui duquel vous vous rapprochez. Évitez donc tout nom de marque, et plus généralement tout nom qui, après une recherche sur Google, donne des résultats qui pourraient ne pas être constructifs pour vous comme pour les autres.

Le choix d’une extension

L’extension, c’est ce que vous trouvez au bout du nom de domaine… Et elle peut elle aussi en dire beaucoup sur ce que vous proposez à vos visiteurs. En effet, si on a l’habitude de voir sur internet des terminaisons en .com, il en existe une infinité dont certaines sont parfois porteuses de sens… un peu comme le pavillon d’un bateau (un drapeau pirate… et on sait à quoi s’attendre).

Par exemple un .fr indiquera immédiatement un lien avec la France, un propriétaire ou des services français, et donne en cas de problème accès à des interlocuteurs français soumis au droit français. En effet la gestion des noms de domaines est confiée à des organismes internationaux, avec des bureaux d’enregistrement et des règles parfois spécifiques.

Évidemment, certaines extensions sont règlementées. Il vous sera par exemple impossible de choisir « .gouv.fr » si vous n’êtes pas une autorité officielle du Gouvernement français. Il y a toutefois fort à parier que vous trouverez une extension qui vous conviendra… qu’il s’agisse d’une extension commune telle que .com, .net, .fr… ou plus originale telle que .eu, .biz, .info… etc.

Vous avez trouvé votre nom ? C’est parti…

Une fois votre nom trouvé, vous pouvez aller chercher votre carte bleue pour passer l’étape de l’ouverture de votre hébergement. Là encore il en existe des gratuits (le plus souvent contre de la publicité) mais ce n’est pas une solution très durable et très fonctionnelle car les possibilités sont souvent très limitées.

A titre personnel, je suis client de la société O2SWITCH que je vous recommande vivement, pour plusieurs raisons :

  • C’est une société d’hébergement française, basée à Clermont-Ferrand et qui est donc soumise à ce titre aux règlementations françaises et européennes. Vous saurez donc où sont stockées vos données : en France et en cas de problème vous êtes sûr d’avoir des interlocuteurs parlant le Français et soumis aux lois françaises.
  • L’infrastructure d’O2SWITCH est entièrement maîtrisée par eux, et bénéficie de puissants outils qui évite beaucoup de problèmes que l’on peut rencontrer avec d’autres hébergeurs, en particulier gratuits : lutte contre les attaques par déni de service, connexions à internet de leur datacenter totalement redondant et un matériel constamment remis à niveau.
  • Le tarif proposé est particulièrement intéressant (72 euros TTC par an, avec un nom de domaine inclus) au regard du très grand nombre de services proposés et surtout, du caractère illimité de l’offre proposée : illimitée en espace de stockage, en nombre de bases de données, en nombre de sous-domaines, en nombre de comptes courriels associés, etc. Cela signifie concrètement que vous pouvez mener de nombreux projets en parallèle sur un même compte d’hébergement, sans aucune difficulté.
  • L’interface de gestion de votre hébergement une fois ouvert est particulièrement simple et pratique, il s’agit de « cPanel » qui est une référence dans ce domaine. Cela vous offre de très nombreuses possibilités expliquées de manière claire, en français, y compris des options particulièrement avancées qui ne vous seront peut-être pas immédiatement utiles mais dont vous bénéficiez sans surcoût (notamment la possibilité de générer vos certificats SSL pour sécuriser la connexion à vos applications).
  • Vous pouvez commander un (ou plusieurs) nom de domaine supplémentaire à n’importe quel moment, pour 9 euros pour un an, renouvelable(s) si vous le souhaitez. Idéal si vous avez un projet particulier que vous souhaitez séparer des autres. Il est même possible de demander un dépôt anonyme (votre identité n’apparaît pas dans le WHOIS que l’on a évoqué toute à l’heure), ce qui n’empêchera pas l’hébergeur de vous demander votre identité mais il ne la rendra pas publique.

Une fois l’hébergement ouvert et réglé, vous pouvez (quasi) immédiatement commencer à en profiter. Il peut exister un petit délai, maximum de 24 heures, correspondant au temps nécessaire pour que la correspondance entre votre nom de domaine et votre hébergement tout neuf soit écrite dans tous les annuaires de domaines qui doivent en avoir connaissance pour un fonctionnement optimal. On parle de « propagation » du domaine.

Hébergement ouvert ? Tour du propriétaire…

L’hébergeur O2SWITCH vous propose même une page de test de l’interface cPanel de gestion de votre futur hébergement afin que vous puissiez voir à quoi cela peut bien ressembler. Il faut utiliser le nom d’utilisateur « o2cpanel » et le mot de passe « testezmoi ».

Aperçu de l’interface de gestion d’un hébergement chez « O2SWITCH »

Voici une capture d’écran vous donnant un aperçu rapide des fonctionnalités disponibles une fois votre hébergement ouvert. Sans vouloir être exhaustif, voici quelques unes des possibilités que vous ouvre votre abonnement annuel… Je vais dans l’ordre de ce que vous pouvez voir dans la capture d’écran :

  • La possibilité de gérer les fichiers présents sur votre hébergement. Il faut voir le principal intérêt de votre hébergement comme étant un disque dur en permanence connecté et accessible depuis n’importe quel ordinateur de la planète connecté à internet, que ce soit en direct (fichiers publics que vous envoyés dans des répertoires publics) ou avec un accès protégé (fichiers privés que vous mettez dans un dossier non public de l’hébergement, ou accès que vous conditionnez à l’entrée d’un mot de passe par exemple). Un système de « WebDisk » est même proposé, pour qu’un dossier de votre hébergement soit disponible sur votre ordinateur comme s’il s’agissait d’une clé USB…
  • La possibilité de créer des comptes FTP. On en parlait au début, les comptes FTP sont une sorte de clés d’accès en direction des dossiers de votre hébergement. Ils peuvent concerner l’ensemble de votre hébergement (compte du propriétaire) ou un dossier précis seulement. Vous pouvez donc créer autant de compte FTP que de dossiers que vous souhaitez partager ou de projet que vous souhaitez mener, afin de ne pas mélanger les choses ou afin de donner accès à d’autres à tout ou partie de vos dossiers. Il est même possible de définir des quotas (espace disque maximal) pour limiter l’utilisation faite des dossiers que vous mettez à disposition d’autres personnes.
  • La possibilité de créer des bases de données, et de les administrer. C’est un autre point que l’on a déjà évoqué rapidement, un hébergement c’est aussi la capacité de créer et de gérer autant de bases de données que vous le souhaitez, et pour chacune d’elle autant de tables et de lignes que vous souhaitez. Là encore vous avez la possibilité de créer des comptes spécifiques pour accéder à une base de données en particulier, avec des droits spécifiques (lire uniquement, lire et écrire, modifier ce qui existe déjà, etc). C’est un point qui sera très utile quand vous concevrez des applications web qui auront besoin de mémoriser, ou de retrouver des informations déjà mémorisées.
  • La possibilité de gérer vos domaines. En effet, si on a déjà parlé de votre nom de domaine, il faut savoir que vous pouvez ensuite « manipuler » votre adresse comme bon vous semble, notamment pour tout ce qui la précède et tout ce qui la suit. Cela signifie concrètement que si vous avez choisi mondomaine.fr, vous allez pouvoir créer autant de « sous-domaines » que vous souhaitez : projet1.mondomaine.fr, documents.mondomaine.fr, cequevousvoulez.mondomaine.fr… mais aussi autant de redirection que vous souhaitez : mondomaine.fr/cequevousvoulez Chacun de ces raccourcis peut renvoyer soit vers un répertoire particulier de votre hébergement, soit vers l’URL de votre choix, qu’elle soit dans votre site ou totalement extérieure.
  • La possibilité de gérer des emails. Qui dit domaine dit… courriels ! Il vous est ainsi possible de créer autant d’adresses mail que vous le souhaitez, de la forme que vous souhaitez, en direction de vos domaines et sous-domaines. Ainsi, vous pouvez obtenir cequevousvoulez@mondomaine.fr mais aussi cequevousvoulez@nimportequoi.mondomaine.fr… Ce qui vous montre là encore l’intérêt de bien choisir votre nom de domaine initial, mais aussi l’intérêt que peut présenter l’achat d’un nom de domaine supplémentaire quand vous souhaitez différencier un projet d’un autre quand ils ont rien à voir entre eux. S’y ajoutent tous les services liés à des adresses de courriel : possibilités de redirections, répondeur automatique, filtrage des spams, partage de calendriers ou de contacts, configuration sur des ordinateurs (Outlook, …) ou des périphériques mobiles (Android, Apple, …)
  • La possibilité d’un grand nombre de statistiques. Vous êtes ainsi en capacité à l’aide de divers outils, de savoir avec une grande précision ce qu’il se passe sur votre hébergement : combien de fichiers sont consultés, combien de fois, quels volumes de données sont en jeu, quelles sont les erreurs les plus fréquentes, etc.
  • Enfin, des possibilités spécifiques liées à la sécurité, ainsi que des outils d’installation rapide de scripts parmi les plus connus du marché. Les outils de sécurité permettent notamment de mettre en place des connexions sécurisées (HTTPS, cadenas vert, chiffrement des échanges entre vos clients et le serveur…) et les outils d’installation rapide de scripts comme Softaculous vous permettent en trois clic d’ajouter à votre hébergement un exemplaire de WordPress, ou d’un des nombreux outils ayant pignon sur rue dans le monde du web… le tout gratuitement et très rapidement. Même si vous ne souhaitez pas « coder en partant de 0 » mais être simple utilisateurs de systèmes dont vous avez déjà l’habitude, tel que WordPress… sachez donc qu’avoir son propre hébergement permet de mettre en place autant d’outils de cette nature que vous voulez, sans avoir à procéder à des installations complexes ! Les scripts disponibles vont du plus généraliste aux plus poussés tels que Moodle, ou aux plus spécialisés (pour lancer votre propre réseau social, votre site spécifiquement conçu pour des annonces immobilières, votre boutique en ligne, etc. etc.) Plus tard, cela vous permettra aussi d’installer des framworks, une sorte de grosse boite à outils qui simplifiera considérablement votre manière de coder des applications…

Vous l’aurez compris, vous offrir votre propre hébergement est un outil très puissant qui sera ensuite constamment à votre disposition dès que vous en aurez besoin que ce soit pour vous, pour vos proches, pour vos collaborateurs sur un projet en particulier, pour vos utilisateurs…

Mais c’est aussi l’occasion pour moi de vous dire que c’est aussi une responsabilité, car vous allez y stocker et y manipuler des données qui n’y seront pas toujours les vôtres. Prenez donc garde à la sécurité (évitez de protéger votre hébergement avec un mot de passe type « toto25 ») et pensez dès le départ à compartimenter vos données (un compte FTP par projet différent avec des identifiants / mots de passe spécifiques) afin qu’un éventuel problème grave de sécurité (la découverte d’identifiants / mots de passe) ne compromette pas l’intégralité de vos données. Avoir accès à votre hébergement, c’est avoir un droit total de vie, de lecture et de mort sur toutes les données qui s’y trouvent… !

Pensez aussi que cela est une responsabilité morale car si vous avez effectivement le pouvoir de créer autant de comptes utilisateurs que vous souhaitez, par exemple des comptes courriels… Cela vous donne également la possibilité théorique de vous y connecter à la place de leur propriétaire légitime. Il faut alors vous rappeler que la possibilité technique ne vous exonère pas du respect de la loi, et notamment de la protection de la vie privée. Soyez donc particulièrement clair avec vos utilisateurs et souvenez-vous quels sont leurs droits et quelles sont vos obligations, notamment au regard de la CNIL et du secret des correspondances qui s’applique en toute circonstance.

Vous l’aurez compris, s’offrir un hébergement est la fondation indispensable de toute mise en œuvre d’un certain nombre d’outils, bien pratiques pour la plupart, au sein d’un espace dont vous avez la pleine maîtrise, sans surprise.

A l’heure où les débats sur la « souveraineté » des données sont fréquents, vous trouvez ainsi une réponse concrète et efficace aux interrogations concernant la sortie de données du territoire français (parfois sans information ni consentement des utilisateurs), mais aussi une réponse aux questions d’images qui se posent quand on est à la tête d’une association ou d’une projet collectif qui se veut crédible. En effet, contact@monbeauprojet.fr et www.monbeauprojet.fr seront toujours plus professionnels et attractifs que grenouille666@club-internet.fr ou des noms de site monsite.hebergeurgratuit.com s’ouvrant sur des interfaces pleine de publicités…

Autre élément agréable, la possibilité d’offrir tous ces services à quelqu’un qui en aurait besoin dans votre entourage. Si vous avez bien suivi ce que j’ai dit précédemment, vous vous souvenez que pour 9 euros seulement vous pouvez acheter un autre nom de domaine, que vous pouvez alors ajouter à votre hébergement ce qui vous ouvre l’ensemble des outils évoqués jusque là sur cet autre nom de domaine également… courriel@monautredomaine.fr, autre site internet sur monautredomaine.fr, etc. etc. sans avoir à ouvrir un nouveau compte chez l’hébergeur.

2eme étape : créer un accès FTP spécifique

Maintenant que vous vous êtes offert un hôtel complet pour vos données et celles de vos utilisateurs, il est temps de construire une entrée directe extérieure vers une des chambre seulement. Inutile en effet d’utiliser un pass général qui ouvre tout l’hôtel alors qu’on a besoin d’une seule chambre pour commencer. Il est tout de même plus simple de changer une seule serrure en cas de problème, plutôt que toutes les portes de votre établissement… !

L’idée va être ici de créer un compte FTP qui vous permettra ensuite, via un logiciel externe tel que FileZilla depuis un ordinateur, ou via un service en ligne adapté tel que celui que je vous présente dans la 3eme étape, d’accéder à un seul répertoire qui va être celui de votre premier projet.

Il est primordial de bien « ranger » votre hébergement au sein de différents dossiers cohérents. En effet, vous pourrez faire en sorte que vos utilisateurs ne se rendent compte de rien grâce à des redirections car il serait dommage de demander à un visiteur de se rendre sur www.mondomaine.fr/mesprojets/projet1 pour accéder à votre outil en ligne… ce que l’on retient difficilement et ce qui n’est pas très pratique. Aucune excuse donc, pour ne pas bien ranger vos différents projets au sein de dossiers distincts. Cela est important car chaque projet va lui-même comporter rapidement plusieurs autres dossiers et tout laisser au même endroit risque assez rapidement d’être problématique, bordélique et peu pratique (notamment pour gérer des autorisations d’accès différentes en fonction des dossiers).

Dans vos débuts, vous allez sans doute faire une multitude de petits fichiers qui n’auront pas grands liens entre eux, autant donc vous faire un dossier « bacasable » qui les regroupera afin d’éviter d’en semer un peu partout.

Exemple de création d’un compte FTP

En créant le compte FTP pour « unnomdutilisateur« , on peut créer en même temps un dossier spécifique qui lui sera réservé. Ici, dans l’illustration, on a choisi le dossier www/projet1 ainsi qu’un quota d’espace illimité.

Le dossier www correspond au dossier « de base » de votre hébergement, c’est celui qui est appelé quand dans un navigateur on tape www.mondomaine.fr. Créer un dossier www/projet1 signifie donc que le dossier ainsi créé sera accessible en tapant www.mondomaine.fr/projet1 ce qui est précisément ce qu’on veut. Rien ne nous empêchera pas la suite de créer une redirection qui pourrait être 1.mondomaine.fr par exemple, ou encore www.mondomaine.fr/1 plus faciles à retenir.

Vous avez vu que le mot de passe utilisé est considéré comme « très élevé ». C’est parce que j’ai utilisé pour cela le « Générateur de mots de passe » qui permet de générer des mots de passe complexes (lettres, chiffres, symboles…) de manière aléatoire. Un mot de passe fort est ici recommandé car il s’agit d’un mot de passe sensible (réussir à le trouver signifie pouvoir consulter et effacer tout ce qui se trouvera dans le dossier « projet1 ») et parce que nous n’aurons absolument pas besoin de le retenir. Il suffit pour l’instant de le copier dans un bloc note… Après l’avoir configuré à l’étape suivante nous pourrons « l’oublier ». Dans le pire des cas, on peut choisir un nouveau mot de passe en 2 clics dans l’interface de gestion des comptes FTP de cPanel (et il faudra donc le modifier aussi dans les paramètres des outils que l’on utilise…).

A ce stade, nous disposons donc d’un dossier directement accessible sur internet depuis un lien que l’on connaît, ainsi que des identifiants qui permettent d’aller y déposer/récupérer des fichiers. Reste donc à utiliser un outil qui permette d’aller y écrire du code simplement.

3eme étape : à la découverte d’un IDE

A ce stade, plusieurs choix sont possibles. Mais pour débuter, je vous recommanderais l’IDE « Codeanywhere » dans sa version gratuite qui permet de connecter un seul compte FTP, ce qui nous suffit largement pour commencer.

Image d’illustration, un clavier (source : http://mironiasty.net)

Il suffit de créer un compte gratuit, de se connecter, puis de renseigner dans File / New connection / FTP les renseignements qui sont directement issus du compte FTP que vous avez créé à l’étape précédente… En voici un exemple :

Exemple de configuration d’un compte FTP sur Codeanywhere

Une fois validé, vous vous trouvez face à la fenêtre principale de Codeanywhere, avec un seul fichier visible qui n’est autre que le fichier déposé par cPanel lors de la création du compte FTP, indiquant au système le quota d’espace disponible pour ce compte.

Aperçu de la fenêtre principale de Codeanywhere : tout est prêt pour coder !

A ce stade, vous disposez donc d’un espace de stockage en ligne auquel on peut accéder par un chemin direct depuis n’importe quel navigateur, mais aussi d’un outil : www.codeanywhere.com, qui vous donne accès depuis n’importe où à cet espace pour commencer à y déposer des pages de code que vous pourrez immédiatement tester. Vous avez tout ce qu’il faut pour vos première lignes de code !

4eme étape : l’activation de services

Comme vous l’avez sans doute vu dans l’aperçu rapide de l’interface de contrôle de l’hébergement cPanel, une multitude de services s’offrent à vous. Certains d’entre eux vous seront particulièrement utiles dans votre pratique de la programmation, et en particulier les bases de données.

Je ne donne pas plus de détails pour l’instant, mais sachez qu’un « Assistant de Base de données MySQL » sera à notre disposition dans cPanel quand il faudra créer une telle base pour stocker des informations directement depuis notre code PHP. Cela sera un préalable indispensable car il est bien évident que nous aurions du mal à nous connecter puis à agir sur une base de données qui n’existe pas…

Dernière étape : Hello World !

Nous en sommes donc restés à la fin de l’étape 3, connectés à Codeanywhere et prêts à tenter nos premières lignes de code. Créons donc notre premier fichier PHP pour voir ce que cela donne…

Création d’un nouveau fichier dans notre « Bac à sable »

Un clic droit sur « Mon bac à sable » permet de demander la création d’un nouveau fichier…

Une boîte s’ouvre pour nous demander quel nom donner à notre nouveau fichier. Nous allons décider de l’appeler index.php

Un fichier « index » est le premier fichier que le serveur va afficher quand on lui donnera le lien d’un répertoire en particulier. S’il en trouve un, il va l’afficher. A défaut, il ferait la liste de tous les fichiers qui se trouvent dans le répertoire… ce qui n’est pas forcément intéressant pour nous.

On indique bien index.php pour indiquer au serveur que ce fichier va contenir du code PHP. Sans cette terminaison, les instructions PHP contenues dans le fichier ne seraient tout simplement pas exécutées… ce qui là encore ne serait pas très intéressant pour nous.

Notre fichier index a été créé et on peut à présent écrire à l’intérieur…

Le but de cet article n’est pas d’expliquer comment fonctionne le code PHP, aussi il va falloir recopier aveuglément ce qui suit… :) Disons simplement que les balises <?php et ?> servent à indiquer où se trouve le début et la fin du code PHP. La ligne centrale est l’instruction exécutée par le serveur, c’est à dire « echo » (commande qui permet d’afficher quelque chose en sortie), suivie du détail de ce que l’on veut afficher, ici « Hello World ! ». Enfin la ligne d’instruction se termine, comme tout ligne d’instruction en PHP, par un ; (point virgule) qui indique que la ligne est terminée et qu’on peut passer à la suivante.

Puis, bien sûr, n’oubliez pas d’enregistrer en cliquant sur la disquette (2e icône en haut à gauche sous « File ») pour que votre code soit enregistré…

Victoire !

Rendez-vous ensuite à l’adresse que vous avez indiquée pour votre compte FTP, dans mon cas beliard.net/bacasable et miracle !

Félicitations… Vous venez d’exécuter votre toute première ligne de code !

Les prochains billets vous donneront de plus amples renseignements sur les bases du langage de programmation PHP, pour que vous puissiez commencer à réfléchir à des opérations un peu plus complexes et utiles qu’afficher « Hello World ! » :)

Conclusion

Vous savez désormais faire beaucoup de choses…

  • Choisir un nom de domaine, et avoir conscience que c’est la clé vers de nombreux services bien utiles que vous avez à votre disposition…
  • Ouvrir un compte chez un hébergeur et profiter des services qu’il vous ouvre en lien avec votre domaine : boite mails, comptes FTP, etc.
  • Créer un compte FTP adapté pour vos premières expériences d’écriture de codes en ligne… depuis n’importe quel ordinateur de la planète branché sur le web…
  • Avoir un minimum conscience des obligations légales qui vous incombent désormais car vous êtes devenu un gestionnaire de données dont certaines peuvent être considérées comme personnelles, sensibles et privées…
  • Utiliser un éditeur de code en ligne qui sera votre meilleur compagnon d’apprentissage lors de vos premières expériences avec PHP…
  • Dépenser utilement 72 euros par an :)

N’hésitez pas à me faire savoir quels points devraient être précisés ou réécrits dans les commentaires si vous trouvez que des choses ne sont pas claires. Vous pouvez aussi passer à l’épisode deux, consacré aux bases du langage PHP.

Quelques liens utiles

Une réflexion au sujet de « Commencer à coder en PHP, épisode 1 : les outils »

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