Faites connaître ce billet :

Comment rendre un hommage à l’heure des nouvelles technologie… ? C’est la question que je me suis posé ces derniers jours après avoir eu la douleur et la tristesse de perdre mon Grand-Père. Bien sûr, il y a les gestes traditionnels qui me paraissent indispensables : la présence, l’accompagnement, jusqu’au bout. Il y a aussi les rituels, toujours très émouvants et apaisants car ils sont des temps de rencontre, d’échange, ou encore de soutien. Mais je crains que tout cela finisse assez vite par s’estomper, et c’est pourquoi je voulais aujourd’hui graver dans le marbre numérique, ici, quelques mots en hommage à celui qui a tant compté pour moi, et qui j’en suis sûr continuera de m’accompagner… autrement.

Cet homme, c’est Raymond Devillers. Je vous propose de retrouver ci-dessous le récit de vie qui a été publié par l’Est Républicain du mercredi 16 mai 2012, jour de ses obsèques.

Raymond Devillers nous a quittés - Est Républicain du Mercredi 16 mai 2012

« Raymond Devillers nous a quittés » – Est Républicain du Mercredi 16 mai 2012

Le jour de ses obsèques a sans doute été pour moi le plus difficile. Le dernier adieu est sans doute toujours déchirant et c’est dans ces moments là que l’on se sent véritablement soutenu par la présence amicale de ses amis, de ses voisins, ou encore de ses collègues. Je profite d’ailleurs de ces lignes pour remercier tous ceux qui se sont associés à la peine de ma famille durant cette douloureuse semaine.

Nous en venons à présent à la raison même de ce billet, faire partager avec vous l’hommage que j’ai tenu à rendre à mon Grand-Père, en publiant et partageant le texte que j’ai écrit pour la cérémonie :

Le moment que sans doute beaucoup de petit-fils craignent est arrivé : nos amis sont là, nos proches, nos voisins , … Nous sommes tous là pour parler de ce que tu as été, pour dire quelle fut la joie de ceux qui ont eu la chance de partager ta route et d’avancer avec toi.

Je crois pouvoir dire que tu fais partie de ceux qui ont donné un sens à ce que mes parents m’ont transmis : en ajoutant la persévérance au sens de l’effort ; en ajoutant la découverte à la curiosité ; en ajoutant le souci du détail à la recherche du travail bien fait.

Oui, c’est toi qui m’a fait comprendre que lorsqu’on construit un chalet, on doit commencer par les fondations et s’armer de patience pour parvenir à quelque chose de solide. Tu avais raison : je suis aujourd’hui plus grand que le chalet, et il est toujours là. C’est l’une des plus belles leçons de vie que l’on m’ait donnée.

C’est aussi toi qui m’a poussé à toujours aller plus loin. Ca ne fonctionne pas ? On réessaye autrement… Il y a toujours une solution et la force de ton expérience te rendait intarissable d’astuces. Toujours avoir plus d’une corde à ton arc… ou le bon outil sous la main. C’était ta qualité presque autant que c’était ta devise et même si c’est aujourd’hui dans d’autres domaines, j’ai essayé de la faire un peu mienne. Je n’arrive pas à me souvenir de tout ce que j’ai pu te voir faire aux côtés de Mamy qui est – il faut le dire – une sacrée coéquipière : des canapés, des sommiers, des meubles, des étagères, des placards, et tant d’autres choses !

Aujourd’hui, il est pour moi apaisant de me rendre compte en y réfléchissant, que chez presque tous ceux qui sont ici aujourd’hui, il y a un peu de toi : des tabourets, une chaise de bébé, un voltaire, un secrétaire, des buffets, un bureau, une table basse, …

Mais il y a aussi une autre chose que je n’oublierai jamais : ton courage et ta persévérance.

Alors que je n’étais pas encore là pour m’en souvenir, tu as eu quelques ennuis de santé, déjà, qui t’avaient arraché à ton métier, à la passion qui était la tienne et qui t’avait conduit sur toutes les routes de France. Tu n’as pas renoncé, et une fois « réparé » comme tu le disais parfois, j’ai eu la chance de te voir sans cesse continuer à bricoler, sans craindre de chatouiller les oiseaux en haut d’un cerisier, de toiser ta cheminée du regard, ou même de dépasser le seul travail du bois avec un peu de ciment, de peinture ou un peu de plâtre.

Mais parfois, le destin joue de mauvais tours et de nouveaux ennuis sont venus te frapper. Tu ne t’es jamais laissé abattre, tu as à chaque fois relevé la tête, impatient de retrouver cette si grande maison que tu aimais bien. C’était alors très dur de te voir contraint, forcé de laisser d’autres faire ce qui devenait un peu trop risqué pour toi. Mais nous avons toujours essayé d’être à tes côtés.

Aujourd’hui, c’est le jour de ton dernier voyage. Je pense que tu nous regardes et nous écoutes, aux côtés de mon grand Oncle et de ceux qui étaient, malheureusement, déjà partis avant toi. J’ai plaisir à imaginer quelque part là-haut de joyeuses retrouvailles, et si tu n’y es pas encore arrivé, il est temps pour nous de te dire : merci, et bon voyage.

Quelques lignes, quelques mots, quelques minutes ne suffisent pas à exprimer les grands traits d’une vie, les qualités d’un homme, les combats, aussi, qui ont été les siens. J’espère cependant avoir fait honneur à sa mémoire, il le méritait.

Je vous propose également de retrouver ci-dessous l’avis de décès qui a été publié dans l’Est Républicain du mardi 15 mai 2012 :

Avis de décès de M. Raymond Devillers - le 15/05/2012 dans l'Est Républicain

Avis de décès de M. Raymond Devillers – Est Républicain du Mardi 15 mai 2012

Les nouvelles technologies s’infiltrant jusque dans le domaine triste et un peu tabou des décès, vous pourrez également retrouver cet avis et déposer vos éventuels témoignages, anecdotes, ou récits… sur le site AvisDeDeces.net.

Enfin, je tiens à remercier (et je sais ne pas être le seul) ceux qui ont permis de rendre la vie de mon Grand-Père plus facile, et lui ont permis de rester chez lui jusqu’au bout : le Conseil Général du Doubs qui organise et prend en partie en charge grâce à l’APA le maintien à domicile des personnes âgées diminuées par le temps ou la maladie ; l’ensemble de ses partenaires à l’instar de l’ADMR de Valdahon et son personnel, de l’EPHAD de Flangebouche et son personnel, de l’association Don Du Souffle ; et plus généralement tous ceux qui ont permis de près ou de loin d’améliorer ou d’égayer la vie de mon Grand-Père : son médecin le Docteur Rondot, les différents professionnels de santé qui l’ont suivi au CHU Jean Minjoz de Besançon ou encore aux Tilleroyes, la Communauté chrétienne du Val de Vennes, le « Club du 3e âge » de Loray et ses environs, et plus généralement tous les voisins, anciens collègues, ou amis qui sont venus lui rendre des visites.

J’adresse aussi un salut tout particulier à tous ceux qui ont été et sont toujours à mes côtés et aux côtés de ma famille pendant ces derniers jours. Je pense bien sûr à nos amis, nos voisins, nos collègues, qui nous ont tous apporté un réconfortant soutien par leurs messages, leur présence, ou encore d’autres témoignages tels que les fleurs.

J’achève là ce billet, que je terminerai bien évidemment comme je l’ai commencé : au revoir Grand-Père. J’ai également une pensée pour mon autre Grand-Père, Étienne Béliard, disparu il y a quelques années déjà… et pour ceux que je n’ai pas eu la joie de connaître.